Ghost Recon Advanced Warfighter

Par Attila

Ghost Recon Advanced Warfighter, un jeu aussi connu sous le nom de GRAW, est le troisième de la série des Ghost Recon, mais le deuxième de la série sur PC. Il faut admettre que nous avions très peu d’attente envers ce jeu initialement. Ubisoft ayant diminué significativement la qualité de ses jeux. De fait, Tom Clancy avec l’adaptation de ces séries sur la Xbox, a certainement mené les développeurs à faire de grand compromis. Ainsi, les ports vers le PC dont ces jeux firent l’objet menèrent beaucoup de joueurs à la désillusion. Les jeux vidéo PC, ne rejoignant pas nécessairement les standards de qualité attendus comme sur l'ordinateur. Hors GRAW a subi un traitement différent de ces autres jeux au cours de son développement. En effet, Ubisoft a confié la réalisation de la version pour ordinateur à GRIN, un développeur indépendant qui avait en tête de développer ce jeu selon une qualité supérieure à la Xbox et pouvant rencontrer les « normes » les plus hautes des jeux d’ordinateur habituels.

L’histoire

GRAW PC suit en fait exactement l’histoire de la version Xbox 360 et en cela n’innove pas vraiment. Vous êtes le héros d’une équipe de quatre soldats envoyés pour récupérer des technologies secrètes à des rebelles au Mexique alors qu’il y a un traité international entre le Canada, les USA et le Mexique qui est en cours de signature. Mais les rebelles font un coup d’État. C'est ainsi que vous vous retrouvez au milieu de ce conflit ayant comme mission de sauver les présidents du Mexique et des USA. La première fois que vous jouez, vous pouvez apprécier l’histoire. Mais certaines questions se posent. Pourquoi les forces armées américaines utilisent-elles une équipe de 4 soldats pour sauver le monde d’une guerre nucléaire au milieu d’un coup d’État chez leurs voisins mexicains ? Vous et vos 3 soldats devez pas mal faire tout le travail et même parfois vous vous retrouvez seul dans certaines missions sans réellement que ce soit justifié. Aussi, autant le Ghost Recon original vous mettait enfin au commande d’une force d’intervention crédible de 8 soldats, autant GRAW vous met dans une situation peu créadible où une équipe de 4 soldats fait tout le travail. Le jeu justifie ce nombre par le fait que vous avez une bonne armure antiballe et la possibilité de voir par satellite. Bien que ce soit un équipement avancé, il est plus que douteux que les États-Unis utilisent des équipes aussi réduites pour répondre à des problèmes aussi importants. De plus, vers la fin du jeu, s’installe une rivalité entre le chef rebelle et votre personnage. Cette rivalité semble un peu tirée par les cheveux et nous porte à nous poser la question sur pourquoi un chef rebelle perdrait-il son temps à parler avec un capitaine de l’armée américain alors que ce chef rebelle devrait plutôt mettre ses menaces internationales à exécution. En somme, l’histoire est amusante la première fois mais perd rapidement de la crédibilité lorsque l’on y pense un peu. Combiné cela avec le fait que l’histoire est extrêmement contraignante et linéaire et vous en viendrai très vite à la conclusion que GRAW contraste beaucoup sur la totale liberté d’action que le Ghost Recon Original permettait. Dans GRAW vous êtes forcé de suivre un chemin alors que dans l’original vous aviez une grande liberté d’aller où vous vouliez dans les cartes.

Les Graphiques

Ghost Recon Advanced Warfighter PC est en théorie, plus beau que la version Xbox 360 du jeu. Mais en ce qui nous concerne lorsque l’on voit les graphiques de la version Xbox 360 du jeu, le visuel est beaucoup plus esthétique et plus attirant que ce que l’on voit dans la version PC du jeu. Tout d’abord, les graphiques sur PC sont très détaillés, beaucoup plus que nécessaire. En fait, le jeu est visuellement lourd à regarder et contient extrêmement de pollutions visuelles. Il est tout a fait possible que Mexico soit comme cela, mais un jeu devrait pouvoir embellir la réalité. Toute cette lourdeur graphique vient d’ailleurs avec un prix. Pour arriver à jouer à ce jeu, vous devrez avoir carrément un ordinateur avec les meilleures cartes 3D existantes, un processeur très puissant et beaucoup de RAM. En plus, pour profiter complètement des possibilités du jeu, vous pouvez acheter une carte dédiée exclusivement à la compilation physique du jeu. La nécessité de se procurer l'ensemble de ces périphériques représente des coût important pour un seul jeu. L’autre aspect très agaçant du jeu est sa luminosité extrêmement jaune. Le jaune étant une couleur très fatiquante pour les yeux, ce qui a pour conséquence que vous ne pourrez pas jouer tellement longtemps sans sentir une fatigue visuelle. Mexico est-il vraiment aussi jaune que cela, peu importe l’on est pas obligé de le faire subir au joueur. Mexico est cependant reproduit de manière crédible. Mais le plan de la ville représente un endroit passablement ennuyeux pour combattre. Essentiellement vous vous déplacez dans des carrés en ligne ayant une quantité phénoménale de déchets et de voitures toutes croches comme couverture. De plus, il n’y a aucun civil et vous ne pouvez pas rentrer réellement dans les bâtiments. C’est donc un environnement terriblement fade qui augmente l’impression d’un jeu répétitif et qui offre très peu de possibilités stratégiques ou tactiques. De plus, plusieurs missions se déroulent dans les mêmes cartes, mais dans un parcours inversé ce qui n’aide  pas à dissiper l’impression de déjà vu.

Le contrôle du personnage

Globalement, le contrôle du personnage est probablement le seul aspect du jeu qui est agréablement réussi à l’exception de la position couchée. Vous pouvez faire une grande diversité de mouvements, et comme dans la version Xbox 360, vous pouvez vous jeter sur le sol de différentes manières. Mais dans la pratique, que ce soit en solo ou en multijoueur, ce mouvement n’augmente pas vos chances de survie. Et les différentes positions semblent artificiellement influencer vos chances de survie avec un impact incertain sur l’intelligence artificielle. Mais là où le jeu réussit à conserver ce qu’il y avait d'intéressant dans la série c’est dans le système de visée des armes qui est similaire au précédant. À la différence que maintenant vous pouvez regarder dans la lunette de visée, ce qui n’est pas tellement une amélioration selon nous. En effet, la lunette de visée vous donne une précision quasi parfaite, alors que le système classique vous donne une précision plutôt mauvaise rendant ainsi le jeu plus difficile. Cela a pour impact qu’en solo vous n’utiliserez quasiment jamais la vision sans la lunette d’approche pour tirer sur vos ennemis, puisque si vous manquez, vous vous retrouvez carrément mort. En multijoueur vous pouvez par contre vous permettre de jouer sans la lunette puisque vous n’avez pas d’intelligence artificielle surhumaine à combattre.

L’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle, est vraiment l’endroit le plus décevant de ce jeu. Il faut lui accorder qu’elle a parfois des moments de génie, mais globalement elle est terriblement ennuyante à combattre. La IA est simplement pas agréable à combattre. Alors que nous considérons Ghost Recon original comme ayant une des IA les plus divertissantes à combattre, il est réellement dommage que GRAW n’ait pas pu au minimum garder une qualité similaire. Dans l’original l’AI vous surpressait même s’il n’avait aucune idée où vous étiez. Dans GRAW, il vous surpresse quand il vous voit et tire comme un robot sur la position où il vous a vu. Cela combiné avec le fait que les balles sont peu crédibles et vraiment pas menaçantes comme les balles qui volaient au-dessus de vos têtes dans l’original. Bref, l’IA semble avoir de bon moment, mais ils sont trop rares pour rendre le jeu agréable. De plus étant donné que Ghost Recon était probablement un des meilleurs jeux coop sur PC, GRAW n’en est que plus décevant et le coop n’est ultimement pas vraiment amusant, en plus d’être extrêmement répétitif.

Le Multijoueur

Le multijoueur du jeu est amusant globalement, mais les cartes sont beaucoup trop grandes et pourraient définitivement être bien meilleures.  Les différents modes de jeux souffrent d’ailleurs de cette grandeur. Cette grande étendue à l’effet pervers de rendre les équipes déséquilibrées, et ce n’est pas rare de voir une équipe complètement dominer l’autre équipe après avoir gagné le premier contact. Le jeu semble avoir été conçu pour plaire au Clan, mais cela a eu l’effet de déplaire à la grande majorité des joueurs, en ce sens que pour réellement réussir à gagner dans ce jeu, il faut être organisé. Et ce jeu n’offre simplement aucun outil pour s’organiser. Le multijoueur reste intéressant, mais pourrait être sérieusement amélioré.

Conclusion

Cette critique n’est certainement pas la plus élogieuse que nous ayons faite et nous admettrons que nous sommes peut-être un peu sévère pour les développeurs. Mais il faut dire que nous sommes déçu de voir le destin de la série Ghost Recon. Cette franchise était probablement une des plus prometteuses, mais son passage sur la Xbox 360 ne lui a pas été favorable. Les développeurs semblent bien intentionnés, mais ils admettent eux-mêmes que la plupart d'entre eux n’ont jamais joué à l’original. Grin n’est d’ailleurs pas une compagnie qui avait quelque expérience que se soit dans le genre des jeux de tir à la première personne. On peut avoir un peu de reconnaissance envers eux et accepter que Ubisoft les ait choisis exclusivement pour le Diesel Engine qui semble avoir du potentiel. Si vous n’avez jamais joué à Ghost Recon, GRAW peut malgré tout vous plaire. Il demeure un bon jeu et probablement que ¼ des joueurs qui y ont joué, ont apprécié alors que les autres ont souhaité passer rapidement aux prochains jeux.